Dans les montagnes de Raquira

Lundi nous sommes partis pour cinq jours chez Cristian et Katerin. Ils habitent sur la montagne qui entoure le petit village de Raquira dans le Boyaca avec leurs quatre enfants. Ils font partie d’une communaute qui cherche a renouer avec les traditions indigenes du peuple Muisca. Leur projet est double : ils sont en pleine construction d’une maison en materiaux ecologiques pour leur famille et ce chantier a aussi pour but de montrer aux paysans des alentours qu’il est possible de construire une maison avec peu de moyens financiers en utilisant des ressources locales ( la terre argileuse) et que ca peut etre joli ! Par la suite, ils aimeraient aussi construire une salle pour leur fondation ( Con las manos en la tierra ) proposer des ateliers theatre, musique, … aux gens des environs. Ils sont egalement entrain de recuperer des livres d’occasion un peu partout pour faire chez eux une bibliotheque accessible au public. Pour les familles vivant dans la montagne, cela leur eviterait de faire des kilometres a pieds pour descendre au village et acceder a la culture. Ici peu de gens ont une voiture et habiter a 20 minutes a pieds l’un de l’autre c’est tout près pour eux. Ce sont d’excellents marcheurs et nous avons un peu de mal a suivre !

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La maison de Cristian et Katerin est en deux parties : le bohio circulaire qui représente l’esprit est un lieu de réfléxion et de méditation, la famille ou la communauté s’y réunissent pour résoudre les problemes. Ce type de batiment est ancestral et courant dans les communautés indigenes. La deuxieme partie de la construction représente le corps, c’est le lieu d’habitation de la famille.

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Cristian nous propose de l’aider pour les enduits interieurs de sa maison. Ses techniques sont différentes de celles de Matthieu et nous echangeons sur les différentes facon de faire. Pour le mélange qui servira a faire l’enduit, nous découpons a la machette des petits morceaux de paille qui serviront a renforcer l’enduit. C’est du circuit court : nous allons directement dans le jardin pour couper la paille. L’enduit est composé de : sable, terre, chaux et paille. C’est un enduit de finition. Ici, l’avantage du climat fait que l’isolation n’est pas nécessaire et le cout d’une maison avec l’utilisation d’un maximum de produits locaux s’éleve a 4000 euros. Cela reste cher pour 80% des colombiens, car leur salaire moyen est de 250 euros par mois environ, mais cependant abordable comparé aux constructions en produits manufacturés.

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Pour l’instant tout ceci est en chantier et nous vivons ces cinq jours de facon tres simple sans notre confort habituel : pas de douche, pas d’électricité et des toilettes en plein air. Nous avons par contre une vue magnifique sur la vallée. Durant cette semaine, nous avons fait beaucoup de belles rencontres.  Nous faisons la connaissance d’une bonne partie de la communauté pendant l’anniversaire d’une des enfants.

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Le jeudi, nous rencontrons Carlos qui nous acceuille dans son atlier. Cela fait 25 ans qu’il sculpte la terre et son travail est magnifique. Il vient justement de terminer les personnages d’une creche geante pour noel. Carlos aime beaucoup parler et le courant passe tout de suite entre nous. Pendant qu’il nous explique les differentes croyances indigenes, nous en profitons pour nous initier a son art.

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Carlos nous fait aussi visiter une fabrique de pots en terre cuite. Il y en a énormément dans le coin meme si elles ne sont pas toutes en activité. C’est dailleurs la principale ressource économique de Raquira qui est tres connu pour la poterie. Nous rencontrons Hector et sa femme qui nous expliquent les différentes étapes de travail.

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Tout d’abord la terre locale est travaillée pour etre homogene : c’est un mélange de plusieurs terres argileuses. Ici la plupart des potiers travaillent avec un tour manuel. Il fabriquent a peu pres 300 pieces par mois qui sont cuites toutes en meme temps dans un grand four qui ressemble aux fours a pain d’antan de chez nous (en beaucoup plus grand). A chaque cuisson il y a des pertes dues a des problemes de température ou a des defauts dans la réalisation. La température doit monter a 1100 degres, pas plus, pas moins, pour la cuisson et cela pendant 30 heures. Cela occasionne beaucoup de fumée noire et épaisse dans la montagne due a l’utilisation du charbon dans les fours. Le gouvernement a interdit il y a un an l’utilisation de charbon car celle-ci entraine une forte pollution et est dangereuse pour la santé des artisans. Cependant la production se poursuit telle quelle car la population locale n’a pas les moyens d’investir dans de nouvelles structures. Il n’existe pas non plus d’aide du gouvernement pour changer ce systeme. Depuis quelques années, plusieurs fabriques ont fermé car la poterie est de moins en moins rentable. Il y a encore dix ans, la poterie était encore utilisée a usage doméstique mais aujourd’hui elle fait plus usage de décoration. La production a donc baissée et les réalisations sont vendues moins cheres qu’avant car il y a moins de demandes.

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Ce week-end, nous sommes de retour a Villa de Leyva apres cette semaine riche en découvertes et en rencontres. La semaine prochaine nous partons a 20 minutes d’ici a Santa Sofia pour participer a un autre chantier éco-constructif !

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